Deux situations mènent au même réflexe. Un matelas neuf, choisi trop vite, se révèle trop ferme. Un matelas de quinze ans commence à se creuser au milieu. Dans les deux cas, on pense au surmatelas plutôt qu’à tout changer. Dans le premier, c’est souvent une bonne idée. Dans le second, c’est le plus souvent un moyen de repousser l’échéance sans régler le problème.
Tout tient à une distinction simple, souvent oubliée au moment d’acheter. Le surmatelas modifie l’accueil du lit, c’est-à-dire la sensation des premiers centimètres sous le corps. Il ne change pas le soutien, qui dépend du matelas et du sommier. Le reste découle de là.
Trop ferme ou fatigué, deux problèmes qui ne se ressemblent pas
Un matelas trop ferme est intact. Il porte bien, mais on le trouve dur : les épaules et les hanches appuient sans s’enfoncer, et l’on cherche longtemps sa position. C’est un défaut d’accueil, exactement ce qu’un surmatelas sait corriger.
Un matelas fatigué, lui, a perdu sa forme. Le test se fait en deux minutes : retirez les draps, posez un manche à balai en travers du matelas à hauteur du bassin et regardez s’il reste un vide en dessous. Une cuvette, des bosses, des ressorts qu’on sent sous la main, l’impression de rouler vers le centre du lit : ce sont des signes d’usure du soutien. Posé sur un creux, un surmatelas épouse ce creux. Il rend la surface plus douce, pas plus plane.
Entre les deux, un cas fréquent : le matelas encore sain qui a pris un léger creux du côté où l’on dort. Le faire pivoter tête-pieds, ou le retourner quand le fabricant le prévoit, suffit parfois à lui rendre une surface régulière.
Mousse, latex ou laine, trois façons d’adoucir un lit
Un surmatelas en mousse à mémoire de forme enveloppe le corps et se déforme lentement. On s’y enfonce : certains dormeurs aiment cette sensation, d’autres la trouvent pesante au moment de se retourner. Le latex réagit plus vite. Élastique, il accompagne le mouvement et reprend sa forme aussitôt. Les garnissages en laine ou en fibres, plus minces, adoucissent surtout le contact sans changer grand-chose à la fermeté perçue.
Le bon choix dépend de votre façon de dormir. Qui change souvent de position se sentira en général plus à l’aise sur une matière qui suit le mouvement ; qui dort immobile sur le dos appréciera davantage l’effet enveloppant. Reste la température : les mousses denses retiennent davantage la chaleur, alors qu’un latex microperforé laisse circuler l’air. Pour un dormeur qui a facilement chaud, ce détail peut faire pencher la balance.
L’épaisseur, enfin, se choisit avec mesure. Plus un surmatelas est épais et souple, plus il prend le dessus sur la sensation du matelas. Sur un lit trop ferme, c’est l’effet recherché, à condition de ne pas troquer un lit dur contre un lit dans lequel on s’enfonce au point d’avoir du mal à se retourner.
Les dimensions, ce détail qu’on vérifie trop tard
Un surmatelas doit reprendre exactement les dimensions du matelas. Trop petit, il laisse un rebord dur sur les côtés et glisse pendant la nuit ; trop grand, il déborde et se plie dans les angles. Pour un lit standard, l’offre ne manque pas. Pour un lit ancien, une grande largeur ou un couchage plus long que la normale, elle se réduit vite. Il faut alors chercher un surmatelas sur mesure, comme ceux en latex microperforé qu’un fabricant de literie de Borre, dans le Nord, réalise pour les grandes largeurs et les longueurs particulières.
Pensez aussi aux draps. Quelques centimètres d’épaisseur supplémentaires suffisent à rendre trop juste le bonnet d’un drap-housse. Mesurez la hauteur totale, matelas et surmatelas réunis, et prévoyez au besoin des draps-housses à bonnet profond. Beaucoup de surmatelas sont munis de sangles élastiques aux angles ; sans elles, un drap-housse bien ajusté suffit en général à l’empêcher de glisser.
Solution d’appoint ou vraie réponse ?
Les deux, selon le cas. Le surmatelas répond vraiment au problème quand le matelas est sain mais que son accueil ne vous convient pas, quand il faut adapter un lit de chambre d’amis à des dormeurs différents, ou quand on veut prolonger un matelas encore solide. Il n’est qu’un pis-aller quand le soutien est en cause.
Dans ce dernier cas, regardez aussi ce qui porte le matelas. Des lattes cassées ou affaissées, un sommier qui a cédé au centre, et un matelas neuf finira par se creuser à son tour. Changer le matelas sans vérifier le sommier, c’est risquer de retrouver le même problème quelques années plus tard.
Avant d’acheter quoi que ce soit, un test ne coûte rien : glissez une couette pliée en deux sous le drap-housse pendant deux ou trois nuits. Si le lit vous paraît nettement plus agréable, un surmatelas ira dans le même sens, avec une bien meilleure tenue. Si vous sentez toujours le creux, c’est le matelas qu’il faut remplacer.
